Plus-value crypto : la formule du 2086 sur trois cessions (+ modèle Excel)

Le fisc ne calcule pas votre plus-value crypto par crypto : à chaque vente, il regarde tout votre portefeuille. Voici la formule du formulaire 2086 déroulée sur trois cessions, et un modèle Excel qui la fait ligne par ligne.

Le titre « Plus-value crypto, la formule du 2086 » à côté d’un tableur stylisé dont trois lignes de cession sont surlignées en cyan, indigo et magenta.

Le calcul de la plus-value crypto déroute presque tout le monde la première fois. On s’attend à un gain par crypto : prix de vente moins prix d’achat. Le formulaire 2086 demande autre chose : à chaque vente, une part de tout ce que vous avez payé depuis votre premier achat.

La méthode complète, avec ses cas particuliers, est sur notre page méthode de calcul. Ici, la formule déroulée sur un exemple à trois cessions, et le modèle Excel qui la reproduit.

La formule du 2086, ligne par ligne

Le formulaire numérote chaque montant. La plus-value d’une cession s’écrit ligne 218 − ligne 223 × ligne 217 ÷ ligne 212 :

LigneCe qu’elle contient
212la valeur globale de votre portefeuille au moment de la cession
217le prix de cession, frais non déduits
218le prix de cession, frais déduits
223le prix total d’acquisition net : tous vos achats, moins ce que les cessions précédentes en ont déjà retiré

Le produit 223 × 217 ÷ 212 s’appelle la fraction de capital initial. C’est la part de vos achats que la cession « consomme ». Elle est retirée du prix total d’acquisition pour la cession suivante.

Les frais ne se déduisent que du premier terme. Le quotient garde le prix brut de frais (ligne 217) : c’est écrit au § 50 du BOFiP sur la base d’imposition et dans la notice du 2086 de la campagne 2026, lus le 19/10/2026.

Schéma : plus-value égale prix de cession net de frais (ligne 218) moins prix total d’acquisition net (ligne 223) multiplié par prix de cession brut de frais (ligne 217) divisé par valeur globale du portefeuille (ligne 212). En dessous, le prix total d’acquisition net de l’exemple : 8 000 € après les achats de 2024, 6 320 € après la première cession, 7 620 € après un achat de 1 300 €, 6 858 € puis 5 715 € après les deux cessions suivantes
La fraction de capital initial d’une cession est retirée pour toutes les suivantes.

L’exemple : trois cessions la même année

L’exemple est fictif, avec des cours arrondis pour que les calculs tombent juste. En 2024, vous achetez 0,1 BTC pour 5 000 € sur un exchange A, et 1 ETH pour 3 000 € sur un exchange B. Vous envoyez la moitié de cet ether sur un Ledger. Votre prix total d’acquisition vaut 8 000 €.

En 2026, vous cédez trois fois contre des euros :

FévrierJuilletNovembre
Vendu0,03 BTC10 SOL0,5 ETH
Cours du bitcoin70 000 €60 000 €80 000 €
Valeur globale (212)10 000 €7 000 €8 400 €
Prix de cession (217)2 100 €700 €1 400 €
Frais21 €7 €14 €
Prix net de frais (218)2 079 €693 €1 386 €
Prix total d’acquisition net (223)8 000 €7 620 €6 858 €
Fraction de capital initial1 680 €762 €1 143 €
Plus ou moins-value+ 399 €− 69 €+ 243 €

En février, la fraction vaut 8 000 × 2 100 ÷ 10 000 = 1 680 €. La plus-value est donc de 2 079 − 1 680 = 399 €. Si l’on retirait aussi les frais du quotient, on trouverait 415,80 € : c’est l’erreur du § 50.

En avril, vous échangez sur l’exchange B 0,5 ETH contre 10 SOL. Un échange entre cryptos sans soulte, c’est-à-dire sans euros versés ou reçus, bénéficie d’un sursis d’imposition : il ne s’écrit pas au 2086 et ne touche pas au prix total d’acquisition. En mai, vous rachetez 0,5 ETH pour 1 300 € : le prix total d’acquisition passe à 9 300 €, et le net à 7 620 €.

En juillet, le marché a baissé : le bitcoin est à 60 000 €, l’ether et le SOL ont reculé davantage. Votre portefeuille vaut 7 000 €, moins que les 7 620 € qu’il vous a coûté net : la cession des SOL dégage une moins-value de 69 €. En novembre, la cession de 0,5 ETH rapporte 243 €. L’année se solde à + 573 €.

Le prix total d’acquisition baisse à chaque cession

Chaque cession retire sa fraction du prix total d’acquisition, et la suivante part de ce reste : 8 000 €, puis 6 320 €, 7 620 € après l’achat de mai, 6 858 €, et enfin 5 715 €. Ces 5 715 € sont le point de départ de votre première cession de 2027. Rien ne se remet à zéro au 1er janvier (CGI, art. 150 VH bis, III-B, lu sur Légifrance le 19/10/2026).

Votre 2086 dépend donc de votre tout premier achat, même ancien, même fait sur un compte fermé depuis. Et un achat dont vous ne pouvez pas justifier le prix est réputé acquis pour une valeur nulle (BOFiP, § 90).

La valeur globale : tout le portefeuille, le jour de la cession

La valeur globale additionne tous les actifs numériques du foyer fiscal juste avant la cession, quel que soit leur support : plateformes, y compris étrangères, serveurs personnels, stockage hors ligne (BOFiP, § 140). En février, c’est 7 000 € de bitcoin sur l’exchange A, 1 500 € d’ether sur l’exchange B et 1 500 € d’ether sur le Ledger.

Les 10 SOL obtenus en avril n’ont rien déclenché. Ils comptent pourtant dans la valeur globale de juillet. L’administration admet un cours moyen journalier, pris sur les historiques des principales plateformes (§ 150).

L’onglet Valeur globale du modèle, rempli avec l’exemple : pour chacune des trois cessions, une ligne par crypto et par compte (exchange A, exchange B, Ledger), la quantité, le cours du jour et la valeur, soit 10 000 €, 7 000 € et 8 400 €
Une ligne par crypto et par compte, à chaque cession.

Franchise de 305 € et moins-value

La franchise porte sur la somme des prix de cession de l’année, pas sur les plus-values. Si cette somme n’excède pas 305 €, les cessions sont exonérées (CGI, art. 150 VH bis, II-B, et page impots.gouv.fr modifiée le 17/07/2026, lus le 19/10/2026). Au-delà, tout est imposable dès le premier euro. Dans l’exemple, les prix additionnent 4 200 € : les trois cessions sont imposables.

Les échanges en sursis n’entrent pas dans cette somme. Le formulaire additionne les prix nets de frais (ligne 51), et la page impots.gouv.fr parle du « montant annuel brut des cessions » : le modèle affiche les deux. Le 2086 se joint à la déclaration même sous ce seuil (brochure pratique IR 2026, rubrique « Plus-values de cession d’actifs numériques »).

Une moins-value s’impute sur les plus-values crypto de la même année, et seulement sur elles. Elle ne se reporte pas sur les années suivantes (même page impots.gouv.fr ; BOFiP, § 170). Les 69 € de juillet réduisent donc le total de 2026. Le total de l’année va en case 3AN de la déclaration 2042 C s’il est positif, en case 3BN s’il est négatif.

Pourquoi ce n’est pas un PRU par crypto

Avec un prix de revient unitaire (PRU), vos 0,1 BTC vous ont coûté 50 000 € le bitcoin. La vente de février aurait alors rapporté 2 100 − 1 500 − 21 = 579 €. Le 2086 en compte 399 €, parce qu’il répartit le coût de tous vos achats sur tout votre portefeuille.

Le PRU reste la bonne mesure pour suivre une position : le calcul du PRU sur plusieurs exchanges a son propre modèle, et calculer ses gains crypto sépare le gain latent du gain réalisé.

Le modèle Excel gratuit

Google Sheets en crée une copie dans votre Drive. Le fichier .xlsx s’ouvre aussi dans LibreOffice. Les deux sont pré-remplis avec l’exemple de cet article.

Une ligne par achat ou cession, depuis le premier achat. Le fichier calcule les lignes 212 à 223, la fraction de capital initial et la plus ou moins-value de chaque cession, puis le récapitulatif de l’année : franchise, total à reporter en 3AN ou 3BN, prix total d’acquisition net reporté. Un second onglet additionne la valeur globale de chaque cession, et une colonne Contrôle signale les erreurs de saisie.

L’onglet Opérations du modèle Excel, rempli avec l’exemple : trois achats, un transfert, un échange sans soulte et trois cessions, avec pour chacune la valeur globale, le prix net, le prix total d’acquisition, la fraction de capital initial et la plus ou moins-value (399 €, −69 €, 243 €), et le récapitulatif de l’année : 573 € à reporter en case 3AN
L’onglet Opérations, avec l’exemple de l’article.

Ses formules redonnent les deux exemples chiffrés du BOFiP (§ 110 et § 120) et celui de cet article, et ont été confrontées au moteur de calcul de Crypto Master. Pour suivre vos cryptos au quotidien, prenez plutôt le tableau Excel de suivi crypto.

Où le tableur casse

Pour une ou deux ventes par an, sur un exchange, le modèle suffit. Il casse quand l’historique grossit :

  • la valeur globale demande le cours de chaque crypto, sur chaque compte et chaque wallet, à la date exacte de chaque cession ;
  • les échanges entre cryptos ne se déclarent pas, mais leurs cryptos comptent dans toutes les valeurs globales suivantes ;
  • le prix total d’acquisition se reporte depuis le premier achat, d’année en année ;
  • une seule donnée manquante fausse la cession où elle manque et toutes les suivantes : un achat oublié, un wallet absent de la valeur globale, un cours faux.

Et l’erreur ne se voit pas. Un portefeuille incomplet donne une plus-value plausible, et fausse.

Ce que fait Crypto Master

Crypto Master fait ce calcul à partir de vos comptes reliés : exchanges par clé API en lecture seule ou par leurs fichiers d’export, wallets par leur adresse publique. Il calcule le 2086 cession par cession, sur tout l’historique et toutes les plateformes, avec la valeur globale de chaque jour de cession. Quand une donnée manque, un cours ou un achat sur un compte non relié, il donne une fourchette et un taux de fiabilité au lieu d’un chiffre faux.

Le tableau « Les cessions de l’année » du simulateur 2086 de la démo, année 2025 : trois cessions (SOL, BTC, LINK), avec pour chacune les lignes 212 à 223, la plus ou moins-value, son encadrement et le statut « fiable »
Le simulateur 2086 de la démo : trois cessions de 2025, ligne par ligne (portefeuille fictif, calcul indicatif).

Il produit l’annexe 2086 en PDF, et la démo contient un 2086 rempli. Il prépare les chiffres, vous déposez. Le simulateur et ses documents sont inclus dans toutes les offres, gratuite comprise (tarifs), et la méthode de calcul est publique. Ce qui se déclare, 2086 et 3916-bis, est résumé sur la page déclaration crypto.

Questions fréquentes

Comment calculer le prix total d’acquisition de ses cryptos ?

C’est la somme de tout ce que vous avez payé en euros pour acquérir des cryptos depuis votre premier achat, diminuée des fractions de capital initial des cessions précédentes. Il ne se remet pas à zéro au 1er janvier.

Pourquoi ne pas calculer la plus-value crypto par crypto ?

Parce que la loi calcule chaque cession sur l’ensemble du portefeuille : le prix d’achat de la crypto vendue n’y intervient pas seul. Un PRU par crypto sert à suivre ses positions.

Que compte-t-on dans la valeur globale du portefeuille ?

Tous les actifs numériques du foyer fiscal juste avant la cession, quel que soit leur support : plateformes, y compris étrangères, wallets, Ledger. Les cryptos reçues lors d’un échange en sursis en font partie.

Les frais de cession se déduisent-ils de la plus-value ?

Oui, sur justificatifs, mais seulement du premier terme de la formule : le quotient garde le prix brut de frais (BOFiP, § 50).

Comment fonctionne la franchise de 305 € ?

Si la somme des prix de cession de l’année n’excède pas 305 €, les cessions sont exonérées ; au-delà, tout est imposable dès le premier euro. Elle porte sur les prix de cession, pas sur les gains.

Une moins-value crypto se reporte-t-elle sur l’année suivante ?

Non. Elle s’impute sur les plus-values crypto de la même année seulement, et ne se reporte pas sur les années suivantes.

Ouvrez la démo : son module fiscal contient un 2086 rempli, cession par cession, sur un portefeuille fictif et sans créer de compte.

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